Mots-clés

Arts plastiques (25) Biographie (10) Cinéma (2) Histoire (42) Littérature (4) Musique (2) Philosophie (2) Politique (3) Religion (2) Sciences (13) Société (11) Urbanisme (4)

N° 139

Trois siècles de livres à scandale en pays de Neuchâtel

Sous l’Ancien Régime, l’édition d’un livre osé, qu’il soit politique, religieux, érotique, voire pornographique était un succès de librairie assuré. Car le public était très friand de ce type de littérature. C’est pourquoi la plupart des éditeurs européens se sont livrés à ce trafic malgré les risques qu’il pouvait comporter.

Les éditeurs neuchâtelois n’ont pas failli à la règle. Ils en ont même fait une de leurs spécialités. Il faut dire qu’ils ne risquaient pas grand-chose. Le régime politique neuchâtelois n’a jamais été très contraignant. Les souverains de ce petit Etat ne résidaient pas sur leurs terres mais se faisaient représenter par un gouverneur. Au XVIe et XVIIe siècle, le comté dépendait des Orléans-Longueville. De 1707 à 1848, il fut la propriété du roi de Prusse. La République n’y fut proclamée qu’en 1848.

L’activité des imprimeurs était peu surveillée, car l’appareil d’Etat était peu élaboré. De plus, les autorités considéraient l’imprimerie avec bienveillance, car elle était une source de revenu pour la Principauté, au même titre que l’horlogerie, l’indiennage ou la dentelle. Les magistrats étaient enclins à fermer les yeux.

Des perspectives de profit justifiaient quelques entorses à la morale protestante et aux bonnes mœurs pourvu que cette littérature pernicieuse destinée aux peuples voisins n’infestât pas la population du pays.

Ce qui ne veut pas dire qu’on pouvait publier n’importe quoi dans le pays. Les livres trop forts qui attaquaient de front le Pouvoir ou la religion protestante étaient parfois interdits.

La censure se manifestait de plusieurs manières. Elle pouvait être préalable ou répressive. Dans le premier cas, le manuscrit ou le livre était examiné par un censeur qui donnait son aval ou demandait le retranchement de certains passages. Dans le second, le livre déjà imprimé pouvait être saisi, brûlé, voire soumis à des mutilations, des pages ou des cahiers remplacés par des cartons. La censure préalable n’apparut chez nous qu’au XVIIIe siècle.

Notre parcours commence à la Réforme et se termine avec l’apparition des premiers journaux politiques.

Cette publication constitue le catalogue de l’exposition Gare au désordre. Trois siècles de livres à scandale (1530-1830) actuellement présentée à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel.

27.00

Commander